Depuis sa création le 11 janvier 1979 jusqu'en mai 2014, le CNDRS a été dirigé successivement par Damir Ben Ali, Masséande Allaoui, Djaffar Mmadi et Ainouddine Sidi.

Depuis le 14 mai 2014, j'ai l'honneur de diriger cette belle institution...

Chacun des anciens directeurs a été porteur d'un projet pour le CNDRS.

Aujourd'hui, tous restent attachés à cette institution, attachement qui se manifeste par le fait que la plupart d'entre eux continue à collaborer avec le CNDRS sous diverses formes notamment en tant que chercheurs associés.

Chacun a œuvré, avec son style, au développement de notre institution à partir de sa mission essentielle. L'identification, la connaissance et la valorisation du patrimoine culturel et naturel des Comores.

Aujourd'hui, l'ambition du CNDRS s'inscrit dans une vision. J'entends par là une projection vers des transformations futures de telle sortes que nous puissions, ensemble, porter notre contribution dans le développement du CNDRS et de notre pays.

Quelle est cette ambition, cette vision ? En voici les grandes lignes :

- Nous travaillons à mettre le Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique au service du développement du pays. Pour cela, le CNDRS ne doit pas être simple spectateur et commentateur des efforts de développement du pays. Il doit, au contraire, positivement, activement être partie prenante des efforts et de la dynamique nécessaires au développement économique et social de notre pays.

Si nous convenons que le développement, c’est l’amélioration des conditions de vie de la population et le perfectionnement de ses moyens d’existence, la recherche ainsi que la documentation (nos deux principaux axes de travail) peuvent être des outils pour le développement.

Il n’est ni déraisonnable ni irréaliste d’imaginer que notre institution puisse avoir une implication pleine et entière dans l’élaboration et la mise en oeuvre de la politique nationale de développement. Certes, nul n’est tenu de nous croire sur parole. C’est pour cela que, jour après jour, dans la patience et l’abnégation, nous faisons la démonstration de notre capacité à faire du CNDRS une pièce maîtresse du dispositif institutionnel national pour le développement.

- Nous travaillons à tenir une posture épistémologique et éthique qui vise à permettre au CNDRS de contribuer à la création de conditions favorables à la démocratie et à la cohésion nationale.

Il est vrai que sans la démocratie et la cohésion nationale, le processus et les objectifs du développement ne peuvent être que biaisés. Si la démocratie est la manière dont on institutionnalise la liberté (c’est-à-dire les modalités selon lesquelles une société élabore et organise les possibilités données à chacun de choisir), alors le CNDRS peut prendre sa part dans la réflexion scientifique et collective au sujet des conditions et des modalités du choix ainsi que de l’acte du choix lui-même dans le contexte de notre pays et du monde.

C’est un chantier complexe, exigeant, mais ô combien stimulant.

- Nous considérons que la vertu des missions essentielles du CNDRS ne vaut que pour autant que le savoir est partagé, donc diffusé et discuté, afin que le niveau de culture et d’instruction de la population contribue à améliorer l’exercice de la démocratie, le renforcement de la cohésion nationale et l’appropriation du développement économique et social.

Cela passe par une montée en régime progressive de l’organisation des colloques, des conférences, des séminaires, des table-ronde. Mais, cela implique aussi de multiplier et de diversifier les supports de stockage du savoir : écrit, audio, visuel, audio-visuel, etc.

Cette vision, ces ambitions sont en même temps des défis que nous relevons tout en étant lucides quant aux enjeux et aux difficultés. Engagés dans cette belle aventure, nous sommes, d’ores-et-déjà, à l’oeuvre pour réunir les conditions de la réussite :

- Nous relevons ces défis en y investissant notre volonté et nos actes. Nous travaillons à la restructuration de notre institution afin de la rendre plus efficace. Un vaste chantier est ouvert : mettre en place des Programmes de Recherche Etude Formation et Publication (PREFOP) avec des équipes pluridisciplinaires et multifonctionnelles qui feront de la recherche le moteur du développement de notre institution.

- Nous allons au devant de nos Partenaires Techniques et Financiers, et faisons la preuve de notre capacité à intégrer efficacement l’appui technique et à gérer avec efficience l’appui financier.

- Nous nous engageons dans un travail collaboratif avec les Organisation de la Société Civile qui sont, pour nous, une force de rappel vigilante qui nous permet d’éviter de verser dans une approche bureaucratique de la recherche. Un cadre partenarial entre le CNDRS et les Organisations de la Société Civile est en cours d’élaboration.

Tels sont les ambitions, les visions qui sont autant de défis que nous sommes résolus à relever en comptant sur la collaboration active de tous.

Abdallah Nouroudine